
A ce rythme, c'est bientôt tout ce qui me restera !
Bientôt mon "compagnon" partira : il a trouvé un appartement.
Une question de jours maintenant...
Il continue à partir de temps à autre, parfois pour plusieurs jours...
Je ne sais plus bien si je préfère quand il n'est pas là et que je commence à m'habituer ou si je préfère le voir à la maison... et en même temps ailleurs... bien que de temps à autre il fasse des allusions sur un avenir possiblement commun... suis-je une poire pour la soif... et même sans ça, est-ce souhaitable ?
De l'autre côté, j'ai mis un coup de frein... alors que nous nagions dans le bonheur, nous nous sommes accrochés un soir que je ne comprenais pas pourquoi il ne passait pas me voir...
J'ai donc formalisé une "pause" en lui disant qu'il fallait que je fasse mon deuil et ensuite encore que j'entame la reconstruction seule...
Depuis nous nous sommes évidemment croisés en mairie... nous nous sommes même retrouvés seuls à deux occasions mais de façon "amicale"... même si c'est dur de l'embrasser uniquement fraternellement...
J'ai parfois regretté ce qui était aussi un mouvement d'humeur mais j'essaie de tenir car je veux mon indépendance.
Et puis hier, son ami étranger était de passage en France... mon compagnon a souhaité le revoir et s'est donc invité...
J'ai passé une très très mauvaise soirée... elle n'aurait pas été bonne de toute façon mais il a fallu, comble de malchance, que sa femme soit particulièrement câline et amoureuse...
Rien à faire donc...
En partant manger, il a réussi à me coincer quelques secondes me demandant s'il avait le droit de m'aimer... j'ai répondu qu'il n'avait pas besoin de ma permission, il a râlé... je lui ai dit qu'il était trop exigeant, que je l'avais toujours dit et j'ai tourné les talons.
Je l'ai évité le plus possible, évité de lui parler, de le regarder...
Je me suis couchée très mal... j'ai failli me relever pour lui écrire, lui dire qu'il n'y a vraiment plus rien de possible...
A quoi bon formaliser... c'est la vérité concrète et épaisse... inutile en plus de l'étaler...
Il était de plus très beau hier, très détendu...
Finalement, quoi qu'il puisse en dire, la vie familiale n'est pas si rude et même comporte de bons côtés...
Non, il ne quittera jamais femme et fille, elles seront toujours prioritaires et j'en viens à penser que je demeure l'interdit, une forme de péché, le désir coupable... et je ne peux être que ça...
Deux deuils pour le prix d'un donc... je le sais depuis longtemps...
Il me passe de drôles d'idées en tête...
Il me reste aujourd'hui l'incantation ou la prière ou la sagesse...
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