lundi 17 août 2009

The Rip


Jusqu'à vendredi, jeudi soir plutôt, la vie s'écoulait presque paisiblement.
Et puis jeudi soir donc, je démarre Skype comme ça au hasard... mon ex-compagnon se connecte, m'appelle, me demande de bénéficier de l'image, je branche le démarrage de la cam' et très vite il s'exclame : tu peux m'expliquer pourquoi tu me fais toujours bander ?
Honnêtement, je suis surprise, et pas follement ravie d'ailleurs... puis je joue un peu aussi, lui parle de mes achats lingerie, qu'il veut voir, je refuse un bon moment puis rapporte le butin... je refuse en revanche catégoriquement d'essayer...
Etrange échange... je pense qu'il est surpris lui même, me propose de boire un verre ensemble le lendemain soir...
Rapidement d'ailleurs, une petite heure ensemble chez moi, un peu gênés mais avant de partir il ne peut s'empêcher de regarder ce que je porte...
Me propose de manger ensemble jeudi, je sais qu'ensuite il part passer le weekend chez sa blonde...
Vraiment étrange...

Mais c'est surtout avec LUI que vient la douleur...
Nous nous sommes vus vendredi, peut-être pour la dernière fois d'ailleurs... comme d'habitude il est arrivé en retard, nous sommes allés manger... puis retour chez moi...
Puisque je vois mon ex, ce qu'il ne sait pas, je lui annonce que je suis libre jusque 18h quand je le vois pianoter sur mon ordinateur pour réserver le voyage avec sa fille.
Au moment de nous séparer, il me demande classiquement quand on se revoit... c'est là que je porte tranquillement l'estocade en lui expliquant qu'il va partir, puis moi aussi et que d'ici là aucune envie de le voir à la sauvette.
Je considère donc que nous nous reverrons quand je serais de retour en septembre.
Il est effondré...
Je lui envoie dans la soirée un message pour lui dire combien je l'aime mais que je renonce, que j'ai enfin compris que nous ne pouvions rien construire ensemble...
Pas de nouvelles.
Il me contacte samedi en fin de journée pour savoir comment je vais... je lui rétorque qu'il suffit de me lire.
Là il prend peur quand je lui explique que j'ai compris, me dit qu'il n'a déjà pas un gros moral, qu'il ne me lira donc pas... et de fait, il ne m'a pas lu... et je n'ai plus écrit.
Hier soir il m'avait invité à manger chez lui avec d'autres amis...
Je ne sais pas comment j'ai pu rester 3h... l'impression d'avoir un troupeau de démons dans le ventre...
Je l'entends s'écharper très brièvement avec sa femme avant de redevenir tout sucre tout miel devant nous, la complimentant plusieurs fois sur les plats, évoquant les travaux du jardin... si je pouvais disparaître dans le sol...
Avec moi très sobre sauf quand il voit que je ne mange quasiment pas... puis quelques secondes alors que nous sommes seuls, essaie de d'approcher, je le repousse en lui disant qu'il ne faut pas m'en demander trop...
Enfin, il est 23h, je me lève pour partir, il m'accompagne... je lui file aussi rapidement que possible entre les doigts...
M'enfuir, c'est tout ce qui compte...
Au volant, je peux enfin remettre The Rip et pleurer tout mon saoûl...
Mon ex m'avait conseillé de regarder la vidéo me prévenant que c'était triste... c'est un euphémisme, je suis bouleversée et en larmes...
Je revois le décès de ma grand-mère, ma dernière visite à l'hopital, son dernier regard...
Il y a longtemps que je n'ai pas pleuré autant, que je n'ai pas été submergée par quelquechose de bien plus fort que le chagrin ou la tristesse...

Impossible de dégonffler mes yeux pour venir travailler... je me suis maquillée comme j'ai pu ...
J'ai encore lutté contre les larmes quand mon meilleur ami qui était là hier soir m'a appellé pour prendre de mes nouvelles...
Son compagnon lui a dit ce matin qu'il était très en colère, que j'avais été très courageuse car il comprenait bien que je sois moi aussi très en colère...
Le moins qu'on puisse dire c'est qu'il n'a pas été fin...
C'est ainsi, et il faut bien une fin à toute chose même si dans mon message de vendredi je ne parlais pas de rupture...
Rompre le lien qui existe entre nous est un leurre, je le sais fort bien...
Ce qui m'a fait tenir c'est que je n'irai plus chez lui...
Il y avait longtemps que je me tenais à distance et j'avais raison...

Me reste le boulot, le mandat, les soeurs, apprendre... et puis oublier, ne plus ouvrir la fameuse boîte mail, laisser passer le temps... m'investir vraiment quelque part...
Ce qui m'arrive n'a rien d'exceptionnel... rien d'insurmontable... une leçon de vie...mourir à l'ancien, à cette femme qui n'était encore qu'une ado mal dégrossie il y a deux mois, mourir à la passion, oeuvrer sereinement quand j'aurais repris pied...

Je vais encore beaucoup regarder The Rip...

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