mardi 1 décembre 2009

Fleur



Hier soir, au terme de 10 longs jours d'attente nous avons pu nous voir un peu...
Tard, j'étais en réunion, lui aussi...
D'abord parler, d'amour, de politique... le temps file... il est de plus en plus tard et le voyant vissé dans sa grosse veste j'ai très peur qu'il ne parte sans autre forme de procès...
Il me parle de mes mains, la gauche surtout qu'il avait envie de saisir dimanche soir à table, je raconte l'histoire de la bague que je porte au majeur de cette main...

Et puis non, il enlève cette fichue veste et me demande goguenard où il m'installe ?
Je rétorque que je ne suis ni une plante ni un meuble...
Forcément il est plié de rire... et encore quand nous basculons sur mon lit... je lui fait mon air furibond et outragé... rien à faire... il est bien, il se détend et rien ne peut venir à bout de son rire...
Rien sauf mon corps, mal fagotté, tellement imparfait... que lui trouve incroyablement doux, qui le rend fou, qui lui a tant manqué... qui est trop bien pour lui, qu'il continue de le penser...
J'ai du mal à lâcher prise mais c'est vraiment lui qui mène le bal... me mordille, m'écarte les cuisses, me caresse, me pénètre de ses doigts...
Mon cerveau mouline des choses pas forcément drôles...
Et puis je sens la chaleur, le plaisir monter... une jouissance longue, l'impression de me donner plus que d'ordinaire, de m'ouvrir complément, d'être offerte, pleinement à lui, pleinement en vie... la sensation d'être une fleur dont tous les pétales se déploient en même temps...

Ce n'est pas nécessairement une rose que je voyais à ce moment là... mais c'était la fleur préférée de ma grand-mère, petite je ne comprenais pas pourquoi !
Je trouvais qu'il n'y avait pas plus banal et commun que la rose... j'aimais les fleurs compliquées, c'est toujours le cas : iris, fleur de la passion...
Mais la rose est maintenant bien autre chose qu'une fleur, un symbole !
De vie, de féminité, de félicité, de plénitude...
Toutes sensations captées, perçues, goûtées hier...

Il a résisté quand j'ai cherché à le déshabiller... mais évidemment je ne me suis pas laissée intimider et je l'ai caressé doucement, embrassé profondément... l'ai fait hurler de plaisir...
L'ai laissé partir sans trop de chagrin...
Lui ai envoyé trois lignes... et mon travail sur le rire pour une prochaine tenue qu'il a trouvé très beau... c'est vrai que pour imparfait qu'il soit, j'y ai mis beaucoup de moi...

Il m'a appelé il y a peu... morose...
Beaucoup de décès en ce moment... il a assuré beaucoup de funérailles et commence à trouver difficile d'être entourée par la mort... je le comprends...
Pas de possibilité de le consoler ce soir.. soirée chargée alors que j'aurais tant envie de rentrer tranquillement chez moi... regarder les roses achetées dimanche...

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