
L'autre jour, je faisais des parrainages et des mariages, tout le loisir de contempler le buste de Marianne qui trône dans la salle des mariages...
Qui doit dater du XIXe siècle je pense si on se réfère à la physionomie de la dame... joues rondes, cou solide, menton un peu enrobé, lèvres fortes et nez charnu sans oublier l'abondante chevelure.
Bien que plusieurs de ces critères me rebutent, je me suis retrouvée dans ces traits... sans y voir la République non, plutôt la femme.
Femme solide, forte, lucide...
Moi qui me suis vue et vécue aussi comme une grande ado, pas un mec certes mais pas une femme non plus, je m'ancre de plus en plus dans mon sexe avec bonheur, gourmandise, foi et soulagement...
Ce qui je lui ai écrit à LUI hier soir...
Les deux pieds sur terre (mon élément d'ailleurs) mais la tête dans les étoiles (l'air c'est l'élément de mon ascendant de toute façon.. et si on ajoute que j'adore l'eau et que j'ai un tempérament de feu...).
Bref, je ne suis ni assez féminine et sexy, ni assez mince, plus toute jeune, pas maman mais pas fatale non plus, pas assez fragile...
Pas besoin de conrrespondre à de quelconques critères, encore moins à des normes de beauté ou à un profil psychologique...
Fromage et dessert en somme avec apéro, vin et digestif...
Oui, rien à faire malgré tous mes démons intérieurs, mes tortures et mon caractère autodestructeur, je suis une authentique bonne vivante, devant une assiette, dans un lit et devant la vie en générale...
Ce qu'est ma mère en plus contrasté dans certains domaines, ce qu'aurait du être ma grand mère qui m'a ouvert la voie sans pouvoir le vivre...
Je me souviens d'un poème de Baudelaire découvert ado, La Géante... à l'époque je préférais Le Vampire, plus éthéré...
Aujourd'hui je compose avec mon ombre et ma lumière de mieux en mieux...
Je ne crie pas victoire car dans la quotidien, je vais encore prendre des murs, des claques, connaître les larmes, le doute, les deuils...
OUi, mais je sais que j'ai de quoi me reconstruire, moi et ceux qui m'entourent... il faudra d'ailleurs un jour que j'en fasse quelquechose pour les femmes... et peut-être plus particulièrement les jeunes filles...
Alors effectivement, j'ai décidé de continuer à chevaucher à dos de ma liberté de penser et de paroles... et tout particulièrement avec LUI.
L'intention de lui dire ce que je pense de son choix (non-choix) de rester "en famille".
Ma pudeur de femme bien élevée voudrait que je continue de m'interdire tout commentaire... mais quand je vois dans quel misère psychologique (mais j'imagine qu'en l'emmenant chez un psychiatre on estime que le boulot est fait) et même affective finalement est laissée sa fille, je ne peux pas me taire, surtout qu'elle est attachée à moi, qu'elle a du bon sens (si seulement on l'aidait à le développer), du flair...
L'autre jour, je la charrie un peu et conclue en disant : mais tu sais bien que moi je suis une peste.
Elle rit et me dit : pas du tout, tu es très gentille au contraire.
En fait, elle veut juste dire que je suis en vie et que je suis vraie... ce dont elle a très grand besoin...
Je sais, je sais, je me jette des fleurs, c'est pas très bien...
Parallèlement je me sais dilettante, vélléitaire, un peu molle... et je peine à lutter contre...
J'ai encore du mal à me voir mère un jour et à mon âge ben je vais pas pouvoir ergoter longtemps...
Mais je ne peux pas faire comme si ma maturité ne m'avait pas donné de splendides cartes ... à utiliser forcément dans ma vie privée et publique...
Je ne sais pas où je vais ni avec qui mais je veux marcher sans baisser la tête, sans me hausser du col non plus... une vraie femme... pas si simple mais pas inaccessible...
Comme disait Alexandra David Néel : marche à l'étoile, même si elle est trop haute...

