dimanche 5 décembre 2010

A ma place


àJe me souviendrai longtemps de ma visite de Vaux le Vicomte avec mon ex, Pâques de l'an dernier.
Nous nous sommes séparés à sa demande un mois plus tôt... mais il n'a pas encore quitté l'appartement et nous décidons d'aller arpenter les jardins de Versailles, le château de Vaux...
Quelques jours plus tôt nous avons fait l'amour mais je sais que ça ne change rien.
Je suis de toute façon terriblement amoureuse de mon amant...
Mais mon ex est si beau, porteur de tant de possibles...
Quelle innocence et encore inconscience alors.

Depuis, que d'eau sous les ponts... et plus j'avance, plus les masques tombent, plus je me renforce, j'avance... et suis confrontée à plus dur encore.

Il y a eu la tentative de retour de mon ex il y a quelques semaines, à laquelle finalement je n'ai jamais cru et j'avais raison.
Il a découvert ma liaison et après une grosse colère et un gros chagrin, tout est retombé. Comme si, me disais-je ses sentiments ne sont pas amoureux.
Depuis un mois, il a revu sa jolie voyageuse des îles... l'aime même si quand je l'ai évoqué, il m'a dit se rassurer ainsi.
Qu'il n'aime que moi...
Impossible de le croire...
Et aujourd'hui, je tombe sur une conversation fortuite qui m'éclaire définitivement.

J'ai trouvé ma place, j'ai aussi la monnaie de ma pièce... bien fait pour moi... à trop jouer avec le feu.
Et pourtant, il lui ment, ne lui dis pas les années où j'ai attendu un geste...
Mais est très capable de lui dire qu'il n'a jamais été très attirée physiquement pas moi.
Certes, plaie d'orgueil n'est pas mortelle.
Mais la jeune femme amoureuse que j'ai été, qui a eu de tels chagrins, a réapparu instantanément... et ses larmes avec elle.

J'ai donc pris le parti de rompre durablement les ponts avec lui, lui ai envoyé un bref mail qui traduit bien mon impuissance et ma peine.
Je lui ai demandé de ne pas chercher à me contacter et je pense qu'il le fera.

Et avec LUI ?
Tout devient de plus en plus complexe, de plus en plus abstrait aussi...
Je ne crois plus à rien, j'ai perdu la foi...
Le voilà grand père, entre son fils et sa compagne, ça ne se passe pas bien, il doit beaucoup intervenir... évidemment sa femme est une fois de plus aux fraises.
Il ne se passera jamais rien malgré l'amour et la tendresse qu'il a pour moi et je serai décidément passée à côté de tout.
C'est ma faute aussi.
Et toutes les croyances ressurgissent...
J'ai eu si peur de la solitude... si peur de n'intéresser personne...
Au fond, est-ce à moi qu'on s'intéresse ou à ma force, ma capacité à redonner de l'énergie, du sens... que j'ai du mal à trouver pour moi même.

Evidemment, je n'ai pas le droit de me plaindre... de quoi ?
De m'être trompée, de ne pas être le genre de femme qu'on épouse, à qui on fait des enfants...
Tout ça est ce que je ne le sais pas depuis longtemps, est ce que je n'ai pas déjà eu de la chance de le rencontrer lui, de voir son regard sur moi... j'aurais au moins connu ça.
Problème de riche dirait-il avec raison.

40 ans l'an prochain, ce n'est pas si vieux... et pourtant...
J'ai déjà lâché beaucoup d'espoir, d'énergie... un moment, et je connais bien le processus, on bloque soi même l'avancée par manque de foi.
C'est bien ce que je crains.

Au fond, moi qui suis souvent dure et insensible, je reste pourtant une gentille fille.

Il y a trois choses que je voudrais pourtant aujourd'hui...
Arrêter de consoler seule mon corps par la caresse stimulée par des choses que je ne connaitrais plus ou par la nourriture.
J'ai besoin de retrouver mon corps autrement que par le regard de l'autre aimant pour l'un, méprisant pour l'autre.
Le retrouver pour moi et par moi... et même si ça doit s'arrêter là.
Non, de toute façon, il ne peut plus y avoir de consolation pour moi.

Arrêter aussi de me faire mal en violant les conversations de mon ex... aujourd'hui a été une bonne leçon j'espère.

Essayer de me retrouver moi même si en dehors du travail et du mandait, je sais que le silence va être assourdissant.
Il faut que j'en passe par là aussi.
Je vais inaugurer en passant les fêtes seule.
J'en ai le plus grand besoin même si je sais l'exercice violent d'avance.

Fais ce que dois, advienne que pourra