mardi 29 juillet 2008

Spleen


J'ai su avant même de mettre le nez par terre que cette journée n'était pas pour moi.
Il est vrai que je vois ma présidente tout à l'heure et que je ne me sens pas de force à l'écouter virvolter pendant des heures, revenir sur des décisions...
Mais bon, a priori, rien de dramatique !
Je devais manger avec une amie ce soir mais je ne le sens pas... j'ai reporté à demain midi... ça l'arrange plutôt, tant mieux !
Mon compagnon m'exaspère, je ne suis vraiment pas charitable, j'ai une gencive en train de gonffler, heureusement j'ai pu obtenir du rodogyl sans passer par la case médecin, je me sens épuisée...
Rien de catastrophique et pourtant je prends tout au tragique...
J'ai hâte d'être en congé, je n'en peux plus...

Et puis je n'ai pas ou peu de nouvelles de lui.. aucun mail, un petit message téléphonique hier soir... je savais que c'était lui qui appelait mais d'une je conduisais, de deux, pas envie de lui parler.
Je reconnais que de mon côté, j'ai juste adressé un sms on ne peut plus bref pour lui demander si on maintenait jeudi.
A vrai dire, je me demande très sérieusement s'il ne serait pas mieux qu'on fasse l'impasse, nous devons manger chez lui vendredi soir... et puis après plus rien jusque début septembre puisqu'à mon retour il sera parti en principe.

Mon état d'esprit me rappelle le Xe siècle, le "dark age" comme l'on surnommé les anglais... une époque violente, un peu informe ou les structures sont bouleversées pour céder le terrain à du neuf, nouveau fonctionnement, nouveau pouvoir...
J'aimerais être certaine que cette période va servir à ça... mais je n'en sais rien.
En fait, je suis finalement peu préoccupée mais surtout fatiguée, lasse... j'ai besoin de partir... je dirai presque comme si ma vie en dépendait.
Et pourtant, je pars avec mon compagnon, je vais retrouver ma mère qui va me poser des dizaines de questions auxquelles je n'ai pas de réponse...mais surtout, je vais être agacée par ses craintes, ses mises en garde alors même qu'elle est juste une mère inquiète qui fait son boulot de mère.

Je crois que j'ai besoin de neuf... et avant de solitude.
Cependant, je mange avec une des mes soeurs demain soir et j'en suis ravie... je suis donc en mesure d'être sociable.
Mais marre de la routine, des répétitions, des horizons étroits et contraints...
J'ai aussi besoin de me nourrir... plus sainement côté alimentation et surtout intelectuellement, émotionnellement...
Je comprends pourquoi le kinesio m'a dit que mon énergie, le peu qu'il reste, était figée... je le suis aussi... comme si j'attendais la vague... et c'est absurde... la vague, c'est moi qui la porte... il "suffit" que j'accepte de la laisser sortir...

Pour l'heure, c'est le spleen, j'en ai honte, mais je ne fais pas grand chose pour en sortir ou pour lutter, je ne suis pas pour autant désespérée mais clairement à l'arrêt.

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