jeudi 27 mars 2008

Echarpe, Paris, Pouvoir, Propriété… dans le désordre !



Il y a quelques jours maintenant que j’ai reçu mon écharpe des mains du maire !
Etrangement pas d’émotion ni d’angoisse, beaucoup de fierté et de naturel.
Je me suis levée parfaitement calme en entendant mon nom, j’ai marché d’un pas décidé, à mon habitude, vers le maire et nous nous sommes embrassés chaleureusement avant que je ne gagne la tribune. La salle comble ne m’a pas plus troublée et j’ai devisé joyeusement avec mes voisins.
Lui, ma séduisante propriété, m’a dit avoir été ému de me contempler avec le symbole d’un nouveau pouvoir mais aussi de me voir si à l’aise et pleine d’assurance.
De fait, j’ai conservé mon écharpe en bandoulière jusqu’à ce que je quitte la mairie… non par suffisance ou défi mais reconnaissante de la confiance qu’on me fait.
Il m’a très courtoisement ouvert son bureau pour que je dépose mes sacs, mon manteau… avant d’aller faire la photo de groupe et nous en avons profité pour nous embrasser rapidement. Difficile de faire mieux dans pareilles circonstances…
Nous nous sommes revus le soir car il souhaitait venir à bout de son problème informatique… nous sommes rester très sages puisque nous sommes entourés de nos « conjoints ».
Idem le lendemain, les conditions ne se prêtent pas à un rapprochement ce qui me frustre et m’exaspère beaucoup.

Heureusement, mardi, nous arrivons à arracher presque deux heures à nos emplois du temps… je suis sceptique au départ mais je me laisse caresser, le caresser aussi…
Je suis incapable de jouir mais je prends beaucoup de plaisir à le sentir contre moi, à écarter les cuisses pour lui, à sentir son excitation croissante…
Je crois que plus que du plaisir, de la jouissance, j’ai besoin du bonheur d’être avec lui… de l’entendre dire combien il est fier que je sois devenue sa propriétaire, qu’il n’a de nouveau plus que moi en tête, que je suis de plus en plus belle…
J’ignore comment j’ai pu arriver en tenue à l’heure et en état de travailler après ce moment tellement intense et bouleversant…
Hier, nous mangeons ensemble, au milieu d’autres élus… il explose de rage en voyant que presque tous semble trouver normal de recevoir des invitations gratuites pour tout un tas de manifestation ! Il me dépose au travail, je lui propose qu’on se voit lorsque je sortirai…
Visiblement, il est chamboulé de ne pas savoir ce que j’ai fait samedi dernier (une virée à Bruxelles) et le soir même.
Il a mis à ma disposition son agenda sur Internet… j’ai ai fait de même mais avec une différence majeure : il ne peut pas modifier le mien, certaines tranches horaires lui sont signalés comme occupés sans qu’il sache par quoi !
Bonne fille, lorsque nous nous retrouvons, je lui explique que je sors avec une amie, qu’il n’a rien à craindre

La conversation a vite pris un tour plus intime… je le vois béat d’admiration, il me dit dans un souffle que c’est de pire en pire, que sa vénération pour moi n’a pas de limites, qu’il aime tout de moi, que je suis somptueusement belle, que tout est en harmonie…
Il peine à soutenir mon regard, dit que je l’impressionne… je ne lui dis pas qu’il est lui aussi très impressionnant dans sa détermination et sa vénération.
Il m’explique qu’il a commencé à travailler au sujet que je lui ai soumis : qu’il décortique et explique ses motivations à me servir.
Il exprime ses craintes à l’idée que je le lise… je lui fais part des miennes concernant son œil critique sur ce que je pourrais produire en mairie.
Il n’en revient toujours pas de ma hardiesse, de son envie de travailler pour moi, de l’éblouissement que je provoque, du désir qu’il a que je continue à le prendre, à le pénétrer… Moment très intense, je le revois la première fois où c’est arrivé, submergé, prostré… cette fois, je lui explique alors que j’ai eu peur… peur que ce soit trop, qu’il se détourne de moi… Il me répond que le plaisir a être tellement pleinement à moi est sans égal.
Sur le chemin du retour, il souligne une fois encore qu’il est surpris d’être si exclusif et jaloux, qu’il finira par m’imposer un tatouage sur le sein gauche pour décourager les importuns… Qu’en même temps, il sait bien qu’il n’a plus la même puissance, qu’il comprend que je puisse la désirer, je lui fais remarquer mutinement que je ne confonds pas l’amour et la gymnastique… même si la gymnastique peut être agréable de temps à autre.
J’ajoute que je ne me fais guère d’illusion à mon âge de demie-vieille (une taquinerie entre nous) sur mon potentiel de séduction !
Il rit en disant que je suis dingue, que je ne me rends pas compte…
Concernant cette exclusivité qui le poursuit, je lui rétorque que c’est peut-être passager, que j’espère bien ne pas être le seul phémonène en mon genre et qu’il n’est pas le seul specimen du sien.
Je reconnais pourtant que lorsqu’on trouve phénomène/specimen tels que nous sommes, il ne rime à pas grand-chose d’en trouver un autre.
Evidemment, ça ne signifie pas que je n’aurais pas un jour l’envie de réaliser certains de mes fantasmes, de dépasser mes limites, de m’adonner à la gymnastique… mais ce qui se passe entre nous dépasse largement nos corps et nos consciences…bien que je n’ai aucune explication rationnelle à fournir.

mercredi 19 mars 2008

Les jours d'après ou la non fiction


Cette fois, ce ne sont plus des projections, des possibilités... notre liste a gagné les élections de dimanche dernier... me voilà donc élue.
Curieux mélanges de sensations... contentement tranquille, émotion, incrédulité, légère angoisse...
Après avoir fini de dépouiller dans mon bureau de vote, je suis venue en mairie et au lieu d'en traverser la cour comme je le fais souvent, je l'ai longée... peur superstitieuse, humilité aussi face à ce château, à ce Poudlard municipal.

Il nous a fallu longtemps avant de nous retrouver dans cette immense salle préparée pour une fête qui n'est pas venue, je suis allée saluer le maire, le féliciter, féliciter les colistiers que j'aime bien, discuter avec des gens que je connais et qui voulaient me féliciter.
Et puis il m'appelle, me demande où je suis, qu'il me cherche... nous sommes au même endroit... nous nous trouvons enfin.
Il me prend dans ses bras, m'embrasse par trois fois, me remercie en me serrant contre lui et conclue : maintenant je suis à toi.
J'en ai le souffle coupé... me reprend très vite, impossible de rester ensemble... il est très demandé.
J'ai envie de Champagne, l'un de mes amis élu aussi... nous migrons vers un café du centre puis vers la grande ville pour enfin manger un délicieux morceau de viande, j'en rêvais depuis longtemps !
Retour dans notre bastion, on le rejoint en mairie, on picole encore... nous finissons au siège de campagne... je suis fatiguée, pas envie de trainer, vais redéposer une de mes amies tout en lui envoyant un mail explicite : viens, je t'attends.
Quand il arrive quelques minutes plus tard, je lui explique que nous sommes le jour d'après, que la campagne est finie et que je viens prendre possession de ma propriété.
Il n'est pas choqué mais très ému de ma façon directe d'aborder cette nouvelle période que nous avons tellement attendue.

Le lendemain, nous avons commencé le mandat par un enterrement, un homme extraordinaire qui s'est dévoué à la ville... j'étais très émue alors que je ne le connaissais pas... étrange comme la maçonnerie me rend plus humaine, plus sensible.
Concentration de courte durée car notre ami/camarade/frère en garde à vue il y a quelques jours risque d'y retourner, le maire voulant éviter le scandale lui demande de démissionner... nous évitons cette extrémité mais visiblement cette affaire va encore prendre du temps, coûter beaucoup de larmes et de souffrance.
Nous avons réussi aussi à manger ensemble, en tête à tête, après que j'ai eu appris que le maire était en train de constituer seul les délégations, qu'il avait déjà parlé à plusieurs élus... mais pas à moi ! Et j'avoue que j'angoisse...
Avant de me détendre... après tout, je m'adapterai quoi qu'il arrive et l'important c'est LUI... puis notre ami dans la peine.
J'ai donc bien dormi, suis retournée travailler sans trop d'angoisse avant de recevoir un sms vers 17h pour m'indiquer que je suis adjointe.
Autant dire que je n'y crois pas et que même quand j'y crois, je pense que cela a été arraché de haute lutte par LUI justement.
Nous nous retrouvons dans une réunion à laquelle je n'étais pas sensée participer, puis nous mangeons en groupe et mon compagnon est là pour une fois...
N'ayant pas de voiture, IL me demande de le ramener.. me met encore en boîte sur l'écharpe tricolore que je vais recevoir dimanche... et de m'expliquer enfin que tout était fait par le maire et son dir cab, qu'il n'a rien du demander...
Je suis ébahie... je me suis toujours cru invisible, inodore, incolore et sans saveur... ou est-ce pour ça que j'ai été choisie ?
L'avenir nous le dira... mais je suis heureuse d'avoir été "désirée" et non "imposée".

Le plus important pourtant, je le disais, ce sont mes liens avec LUI, son amour, son désir permanent... hier, je l'ai caressé doucement avant que nous nous quittions, il était troublé, gémissant... j'ai aimé ce pouvoir sur lui.
Et puis la campagne, le passage compagnon, l'élection... tout ça a bouleversé ma vie intérieure, je sens que je suis en train de m'affirmer... un peu mollement peut-être..
Ma relation à LUI s'intensifie, se patine en même temps car il y a beaucoup de complicité, de tendresse... j'accepte cependant d'être l'élément dominant.
Néanmoins, lorsque je lis des blogs comme celui de Carpette (je mettrai le lien plus tard), il y a une chose que je n'imagine pas, c'est me passer de plaisir avec lui.

mardi 11 mars 2008

Course


Tout est course... le temps de rien, la fatigue qui s'accumule, les nerfs qui lâchent.

Jeudi journée atroce, stress, angoisse, espoirs, espoirs déçus, fausses nouvelles...journée à bosser pourtant comme une dingue pour pouvoir accueillir le fameux comité de soutien.
Lui qui est dans le même état de fatigue et d'angoisse que moi, qui fait tout ce qu'il peut, qui vomit tout ce qu'il peut aussi, qui tient tout de même.
Moi tendue, qui essaie de gérer, raide, froide...
Enfin, tout est en place... mon amie est sortie, elle est allée récupérer les enfants mais lui est toujours en garde à vue, j'imagine son désespoir, j'ai peur qu'il craque et signe n'importe quoi...
Finalement c'est moi qui craque quand j'apprend enfin qu'il est libre, qu'il n'y a pas de charge contre lui.
Je me sauve, une de mes amies m'accompagne, me réconforte mais quand mon amant m'appelle pour que je rejoigne le reste de la liste qui s'apprête à monter sur scène, je ne suis pas en état... puis c'est mon compagnon furieux qui me contacte pour que j'arrive au plus vite, qui me dit que je fais des enfantillages, j'ai éclaté en sanglot dans les bras de Marie.
Enfin, c'est mon meilleur ami qui nous rejoint, lui comprend, me dit que je suis extraordinairement belle même défaite comme je le suis.
Je finis par retourner dans cette fichue salle... je retrouve un camarade syndicaliste qui me fait beaucoup de bien... lui aussi me trouve très belle mais surtout quand je souris...
Et enfin une colistière efficace qui m'a donnée un fameux coup de main mais aussi tellement chaleureuse qu'elle me réconforte !
Nous partons manger ensemble et Marie et Sandro qui nous rejoignent m'apprennent que mon cher et tendre a lui aussi craqué et s'est mis à pleurer.
Il faut dire que devant moi, devant tout le monde, il a déployé énergie, humour... jen'ai pas supporté, j'ai tourné les talons sans lui dire au revoir.

Vendredi je souffle, j'ai des courriers à récupérer dans un organisme partenaire, je me balade à Lille, je mange avec Sandro... je ne sais même plus ce que j'ai fait le soir... j'ai forcément du le voir Lui au milieu d'un tas d'autres gens, sans pouvoir se toucher, à peine se regarder...
Samedi, il est tellement épuisé que par deux fois je me prends une avoinée téléphonique alors que je n'y suis pour rien.
Quand il se pointe à la maison, je suis toujours fâchée même si je comprends son stress... de fait, je n'ai aucune rancune, lui fais de beaux sourires même si je n'ai aucun scrupule à l'assaisonner copieusement.
Nous passons pourtant deux heures ensemble... d'abord pour voir notre amie qui est sortie de garde à vue et qui fait peine à voir puis nous passons voir et réconforter sa maman qui nous invite à manger.
Dans cette famille nombreuse, cette maison toute simple, je retrouve toute la chaleur de mes grands parents... c'est moi qui sert le couscous à tous les hommes qui sont là... il est en face de moi.
Alors qu'il était nerveux, agressif, au bout du rouleau, il est redevenu courtois, souriant, apaisé... je ne sais pas pourquoi ce moment a été tellement important pour nous... puisqu'il m'a dit à quel point il était content d'être là avec moi...
En y repensant, je ne sais pas pourquoi, c'est comme si nous avions vécu/conclu un mariage mystique ce soir là.
Collage hyper tardif ensuite contre deux équipes adverses.
Dimanche on vote, participation médiocre comme partout en France, angoisse à l'idée que cela ne fasse monter mécaniquement l'adversaire.
Et puis c'est la bonne surprise... ça ne passe pas au premier tour mais on en est si proche que c'est de bon augure pour le 2nd.

Enfin, ce soir je rejoins mes soeurs pour passer au grade supérieur... je n'ai rien préparé et je commence à angoisser un peu.
Fallait-il que j'anticipe comme je l'avais fait pour mon initiation ?
Je ne crois pas... je ne l'ai pas senti comme ça.
Seule vraie ombre au tableau : il ne sera pas là. Or, lorsque je lui avais offert mes gants en juin, il m'avait dit qu'il les porterait le soir de mon passage.
Il faudra attendre que je devienne maître maintenant...
Heureusement, je l'ai appelé tout à l'heure et il va mieux... hier soir, nous nous sommes échappés une grosse demie heure pour boire un verre ensemble et il s'est endormi, acoudé à la vitre du café dans lequel nous étions... j'étais très très inquiète !

Pas beaucoup de réflexion dans ces quelques lignes mais depuis quelques jours, je perds le sens du calendrier et j'essaie donc de retranscrire ce dont je me souviens pour avoir des repères dans ma réflexion...

mercredi 5 mars 2008

Néant


Je suis anéantie et je ne peux me résoudre à aller dormir.
Un de nos meilleurs amis a été arrêté dans le cadre d'un trafic de drogue il y a quelques heures.La police n'a rien trouvé chez lui et ce sont deux de ses fils, introuvables, qui sont soupçonnés. Mais il a été emmené ainsi que sa femme, leur fils de 5 ans, la femme d'un des recherchés, leurs deux enfants en passage, une belle soeur de mon ami et ses filles.
Il est soupçonné d'être le cerveau et tout laisse à croire que les flics veulent obtenir des aveux. Ils sont en garde à vue pour 96h... c'est le régime des stups.
D'après mon amant (tiens, c'est la première fois que je le nomme comme ça... étranges circonstances) il n'y a rien à faire, il va sans doute signer des aveux pour faire sortir sa famille, qu'il sera donc emprisonné à l'issue de sa garde à vue et qu'il faudra ensuite l'accompagner pour lui trouver un bon avocat, aider sa famille...
Les jeux sont faits, il faut gérer... je me suis écharpée avec lui, je ne peux pas entendre ça... et en même temps, je reconnais que nous sommes impuissants.

Aujourd'hui, je regrette de ne pas savoir prier... je ne peux "que" formuler mes espoirs au Grand Architecte. Cet ami est aussi un frère et ils sont rares ceux que je considère vraiment comme tel !
Hier encore, je dressais le panégyrique de ce couple d'amis au maire... et je suis évidemment prête à recommencer demain à la première heure.

Pour ce qui concerne la campagne, je m'en fiche... mais que vont-ils devenir ?
Notre aide, c'est très bien, mais leur honneur ? leur fierté ? leur vie ? leurs espoirs ? leurs projets ?
J'espérais beaucoup pouvoir l'aider, elle, à décrocher ce poste dont elle rêve depuis longtemps... et lui et son courage, sa discrétion...
Reste un mot : POURQUOI ?

Pourquoi eux alors qu'il y a tant de gens que nous croisons qui se conduisent on ne peut plus mal...
Je sais, il n'y a pas de réponse et c'est désespérant, ça nous renvoie au néant informe, sans cause ni raison, ni début ni fin...
Si le Grand Architecte existe et sa Justice aussi, j'aimerais assister, de toute mon âme, à leur manifestation !

Vierge folle et vierge sage


Mon chevalier servant m'a trouvée hardie hier midi sous la table... lui ai envoyé un mail un peu claquant pour lui dire qu'il ne s'agit pas à proprement parler de hardiesse mais plutôt de désir !
Il me disait aussi lundi soir rêver de se mettre 24h au service de mon plaisir !
Je l'ai pris au mot et j'ai exigé qu'il me les trouve ces 24h d'ici la fin du mois... à Paris de préférence où l'anonymat nous permettra un plus grand confort pour l'expérience !
Et pour une fois, je ne lui ai pas signifié ça pour lui faire un peu peur, pour le bousculer mais surtout parce que ça me plait... il me pousse si ce n'est des ailes, une force neuve, un peu brute, violente... que je connais mais que je n'assumais pas !
Encore un tour pendable de la louve ?
Peut-être...

Moi élevée dans la hantise de "Mais que vont penser les voisins ?" avec cette mentalité d'immigrés, pas de bruit, pas de vague... je me surprends souvent ces derniers temps à assumer publiquement des pans de ma vie actuelle...
Sa soumission mentale mais aussi sexuelle, ma force, une forme de supériorité...
Pourtant, malgrè tout, je ne suis plus inquiète d'une dérive narcissique que ça pourrait provoquer chez moi.
J'ai souvent dit et je le pense toujours que le Grand, le Fort, le Puissant... n'a pas besoin d'élever la voix, ni de se mettre en avant... pour prouver quoi ? à qui ?
Non, il sait ce qu'il est, point.
Et celui qui ne le reconnait pas comme tel n'est pas une menace pour lui...
J'ai beaucoup à méditer là dessus... pas le temps pour le moment malheureusement mais il va falloir que je fasse un recensement des morceaux de mon puzzle, j'en ai découvert de nouveaux, il va falloir penser à agencer... une fois que j'aurais mis le plan au propre... décidément, une fois encore la pierre brute n'est pas loin !

Hier soir, en revenant d'un énième collage sous la neige, et où nous sommes de moins en moins nombreux, j'écoutais Brel...
Flash back sur mes années d'étudiante, ces longues soirées passées seule et qui valaient bien mieux que celles où j'étais mal accompagnée... toujours cette vieille forme de misanthropie, cette amour de la solitude... cette liberté sans pareille !
Et pourtant j'aime la vie, manger, boire, rire... d'où me vient que ce besoin de "faire la fête" tellement ancré chez mes contemporains me laisse froide !
J'aurais un côté pisse-froid ? Ou c'est toujours ma vieille peur du ridicule ?
Là aussi, j'ai du travail !

Avec tout ça, j'en oublie sa vieille maîtresse que je lui ai proposé de voir après le 16 mars... il me dit qu'il n'en a pas envie, qu'il m'obéira si j'impose mais que je suis la seule dont il a besoin...
C'est vrai qu'il apprécie la Vierge folle ET la Vierge sage, le glacier extérieur, la fournaise intérieure...
J'apprécie qu'il apprécie, je me libère, le regard d'autrui est moins lourd sur moi, je gagne en amplitude de mouvements... mais la route est encore longue !

mardi 4 mars 2008

Décousu mais pas désagréable


Une énième fois dans cette campagne, je viens de me voir signifier un ordre... et par Lui en plus !
Pour un homme qui veut se soumettre, il fait fort !
D'accord Hector, j'irai chercher le maire pour le conduire à la réunion de ce soir !
Je reconnais d'ailleurs qu'il m'avait aimablement proposé de les rejoindre ce midi pour manger... sympa d'ailleurs... en dehors de la présence d'un de mes colistiers "préférés"... un horrible hâbleur qui me fatigue en moins de temps qu'il ne faut pour le dire...
J'ai pu faire ce que je fais le mieux, m'imposer discrètement, partager de grandes idées plutôt généreuses mais sans trop en faire !
J'ai surtout pu faire du pied sans retenu à mon voisin d'en face... Lui... gentillement d'abord puis jambe tendue en remontant la pointe de ma bottine le long d'un mollet jusqu'à une cuisse... et bien entendu, je n'en attendais pas moins de lui, il a réussi à mettre ses mains sous la table pour saisir mon pied et le caresser...
Tout ça avec force sourires et fossettes de ma part...

Hier soir, nous avions également fini par semer tous les empêcheurs de s'embrasser en rond...
J'ai enfin pu coller ma bouche contre la sienne, le prendre dans mes bras, m'accrocher à lui et l'embrasser trèèèès longtemps... un beau baiser de propriétaire m'a t'il dit ?
Et c'est vrai, je l'avais attrapé et j'avais décidé de ne plus le lâcher, de le garder contre moi...
Je parlais de toucher hier, ce besoin de lui prendre la main, de me coller à lui, de lui passer tout simplement la main sur le visage, dans les cheveux...moi si peu câline, même enfant, si indépendante... c'est très étonnant et très mystérieux.

Les baisers que nous échangeons sont différents aussi, prenants, exigants mais surtout vivifiants...j'ai développé une véritable addiction... personne ne m'a jamais embrassée comme ça et je n'ai jamais possédé personne de la même façon.

Après ça, il a suffit qu'il pose ses mains sur mes seins, qu'il en agace un peu les pointes pour que je ne réponde plus de rien... le bruit d'un zip de fermeture, le bouton du jean et je sens en tremblant son doigt qui remonte doucement jusque mon clitoris, je le sens frissonner en me découvrant trempée... c'est toujours comme ça mais visiblement il en est toujours ému et ne s'en lasse pas...
Emotion aussi pour moi à côté des sensations.. les larmes coulent... je ne le lâche pourtant pas des yeux... je ne vois pas pourquoi et je n'ai pas honte d'y prendre plaisir...

Alternance de moments de plaisir, de tensions, de disputes... j'ai apprécié son commentaire ce midi où nous évoquions devant le maire les disputes, colères... et il termine en concluant tout en me désignant : c'est vrai, je ne sais pas comment elle fait mais indéniablement, elle me canalise !

lundi 3 mars 2008

Toucher


Après la matinée de jeudi, retour à la surveillance, la contrainte, la fatigue...
Collage vendredi soir, repas africain samedi soir et hier soir, correction d'un fichier jusqu'à 4h du mat'... j'ai dormi 3h... je ne sais pas si on voit encore mes yeux immenses pourtant tant les cernes se creusent, s'assombrissent...
Entre tout ça, nous nous croisons, recroisons, provoquons... parfois c'est moi qui fuit devant son ton cassant, d'autres fois, c'est lui qui est perdu devant ma froideur et mon indifférence.
Et entre tout ça, quelques frôlements furtifs, quelques baisers volés, quelques regards dérobés, allusions voilées mais assez claires pour tous les deux ...
Tantôt il m'agace, tantôt il m'émeut singulièrement...

Je me suis rendue compte que je m'enhardie avec lui, je le touche plus facilement, plus spontanément, plus naturellement... souvent il y a de l'envie, du désir dans mes gestes, une démonstration de mon amour... mais il y a autre chose... une main mise, une forme d'appropriation...
C'est terrible à dire mais j'apprécie de le voir perturbé suite à un mot cinglant ou pire face à mon impassibilité parfois...

Il y a longtemps que je rapproche notre relation de celle qui existe entre Rhett et Scarlett. Au grand désespoir de ma mère, je n'ai jamais pensé que ce film soit très romantique. Scarlett est dure à l'origine... mais a du s'endurcir encore pour survivre...
Je me trouve bien des points communs avec elle, ce côté dur, cuirassé même si je n'ai pas sa détermination.. peut-être parce que je n'ai pas eu faim.
Lorsqu'il la rencontre, Rhett apprécie sa beauté, sa fougue, son caractère bien trempé, loin des ladies ennuyeuses et bien élevées... d'une certaine manière, il rêve de se mettre à son service, de l'aimer, la chérir, lui permettre d'être elle-même avec l'espoir qu'elle l'aimera un jour, qu'elle comprendra combien ils se ressemblent... mais peut-être qu'il se trompe... la dureté de Scarlett ne disparait pas avec la fin des privations et elle aspire toujours à vivre son grand amour avec Ashley...
Je me retrouve dans cette histoire... même si j'ai le coeur plus tendre et compatissant... et ce n'est pas étranger à ce qu'il me remette les rênes...
Je sais qu'il a confiance en moi, en mon jugement, ma sagesse... en revanche, je ne sais pas s'il est toujours conscient de mes exigences, de mes aspirations...
Lui aussi a envie que je profite de la vie, que je me déploie, que je sois heureuse et que je retrouve une forme d'insouciance enfantine.
Paradoxalement, il est à mes pieds et il est aussi une colonne contre laquelle je peux m'appuyer, sur laquelle je peux compter...
Et je reconnais que j'y prends goût !

J'ai souvent un appel sur le chemin du retour alors que nous sommes morts de fatigue, frustrés de n'avoir pu faire mieux que de s'embrasser à la sauvette, que c'est dur de se quitter et de rentrer chacun chez soi...
Ce que j'entends alors est doux à l'oreille mais aussi particulièrement émouvant... au delà du désir, de l'envie il y a un amour énorme, incroyable... une admiration qui tantôt m'effraie, parfois me laisse sans voix, que je peux trouver éxagérée...
Je sais pourtant qu'il est sincère... juste parfois la crainte qu'il se laisse submerger par la beauté et la force, qu'il en rajoute un peu... et ça peut m'inquièter.
Je sais malgré tout que le coeur de la relation est vraie, sonne juste...