
Tout est course... le temps de rien, la fatigue qui s'accumule, les nerfs qui lâchent.
Jeudi journée atroce, stress, angoisse, espoirs, espoirs déçus, fausses nouvelles...journée à bosser pourtant comme une dingue pour pouvoir accueillir le fameux comité de soutien.
Lui qui est dans le même état de fatigue et d'angoisse que moi, qui fait tout ce qu'il peut, qui vomit tout ce qu'il peut aussi, qui tient tout de même.
Moi tendue, qui essaie de gérer, raide, froide...
Enfin, tout est en place... mon amie est sortie, elle est allée récupérer les enfants mais lui est toujours en garde à vue, j'imagine son désespoir, j'ai peur qu'il craque et signe n'importe quoi...
Finalement c'est moi qui craque quand j'apprend enfin qu'il est libre, qu'il n'y a pas de charge contre lui.
Je me sauve, une de mes amies m'accompagne, me réconforte mais quand mon amant m'appelle pour que je rejoigne le reste de la liste qui s'apprête à monter sur scène, je ne suis pas en état... puis c'est mon compagnon furieux qui me contacte pour que j'arrive au plus vite, qui me dit que je fais des enfantillages, j'ai éclaté en sanglot dans les bras de Marie.
Enfin, c'est mon meilleur ami qui nous rejoint, lui comprend, me dit que je suis extraordinairement belle même défaite comme je le suis.
Je finis par retourner dans cette fichue salle... je retrouve un camarade syndicaliste qui me fait beaucoup de bien... lui aussi me trouve très belle mais surtout quand je souris...
Et enfin une colistière efficace qui m'a donnée un fameux coup de main mais aussi tellement chaleureuse qu'elle me réconforte !
Nous partons manger ensemble et Marie et Sandro qui nous rejoignent m'apprennent que mon cher et tendre a lui aussi craqué et s'est mis à pleurer.
Il faut dire que devant moi, devant tout le monde, il a déployé énergie, humour... jen'ai pas supporté, j'ai tourné les talons sans lui dire au revoir.
Vendredi je souffle, j'ai des courriers à récupérer dans un organisme partenaire, je me balade à Lille, je mange avec Sandro... je ne sais même plus ce que j'ai fait le soir... j'ai forcément du le voir Lui au milieu d'un tas d'autres gens, sans pouvoir se toucher, à peine se regarder...
Samedi, il est tellement épuisé que par deux fois je me prends une avoinée téléphonique alors que je n'y suis pour rien.
Quand il se pointe à la maison, je suis toujours fâchée même si je comprends son stress... de fait, je n'ai aucune rancune, lui fais de beaux sourires même si je n'ai aucun scrupule à l'assaisonner copieusement.
Nous passons pourtant deux heures ensemble... d'abord pour voir notre amie qui est sortie de garde à vue et qui fait peine à voir puis nous passons voir et réconforter sa maman qui nous invite à manger.
Dans cette famille nombreuse, cette maison toute simple, je retrouve toute la chaleur de mes grands parents... c'est moi qui sert le couscous à tous les hommes qui sont là... il est en face de moi.
Alors qu'il était nerveux, agressif, au bout du rouleau, il est redevenu courtois, souriant, apaisé... je ne sais pas pourquoi ce moment a été tellement important pour nous... puisqu'il m'a dit à quel point il était content d'être là avec moi...
En y repensant, je ne sais pas pourquoi, c'est comme si nous avions vécu/conclu un mariage mystique ce soir là.
Collage hyper tardif ensuite contre deux équipes adverses.
Dimanche on vote, participation médiocre comme partout en France, angoisse à l'idée que cela ne fasse monter mécaniquement l'adversaire.
Et puis c'est la bonne surprise... ça ne passe pas au premier tour mais on en est si proche que c'est de bon augure pour le 2nd.
Enfin, ce soir je rejoins mes soeurs pour passer au grade supérieur... je n'ai rien préparé et je commence à angoisser un peu.
Fallait-il que j'anticipe comme je l'avais fait pour mon initiation ?
Je ne crois pas... je ne l'ai pas senti comme ça.
Seule vraie ombre au tableau : il ne sera pas là. Or, lorsque je lui avais offert mes gants en juin, il m'avait dit qu'il les porterait le soir de mon passage.
Il faudra attendre que je devienne maître maintenant...
Heureusement, je l'ai appelé tout à l'heure et il va mieux... hier soir, nous nous sommes échappés une grosse demie heure pour boire un verre ensemble et il s'est endormi, acoudé à la vitre du café dans lequel nous étions... j'étais très très inquiète !
Pas beaucoup de réflexion dans ces quelques lignes mais depuis quelques jours, je perds le sens du calendrier et j'essaie donc de retranscrire ce dont je me souviens pour avoir des repères dans ma réflexion...
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