mardi 21 juillet 2009

Lilith


Toutes les femmes la portent en elle... consciemment ou non !
J'en sais quelquechose, je me suis donnée beaucoup de mal, des années durant, à cadrer avec l'image qu'"on" (comme dit rageusement Adjani dans L'été meurtrier : on est un con) se fait d'une femme.
Oui, sauf que j'ai morflé... pas le physique de l'emploi... avec ma poitrine, mes hanches, ma démarche affirmée, mon humour limite... mélange étonnant et détonnant... pas sûre de moi, c'est juste, complexée, doutant d'être à la hauteur (de quoi je ne sais pas, de tout sans doute)... et parallèlement, aucune peur des hommes... bien plus peur de moi... et la peur de faire peur !
Ado frondeuse mais torturée, souhaitant s'intégrer car en dehors des normes point de salut... pas encore assez libre et autonome mais très singulère pourtant, tenant à ne pas ressembler à tout un chacun...
Quand j'ai découvert Gauguin, je connaissais sa peinture sans en avoir un goût particulier, je me suis sentie des affinités : un sauvage, un type farouche... pourtant épris de reconnaissance... cherchez l'erreur... en fait il n'y en a pas... tout est psychanalytiquement très normal.
Evidemment, lui c'est un génie, moi pas...

Et puis il a fallu que je tombe sur LUI pour commencer non pas à comprendre, j'avais déjà compris intelectuellement pas mal de choses, mais pour vivre un peu ma différence, la goûter et même l'apprécier...
Drôle d'ailleurs, j'ai longtemps rêvé d'un Pygmalion au sens où l'entendent les hommes, le génie masculin créant la femme.
En fait, sur ce coup là, je me suis vautrée, ça ne s'est pas passé comme ça... et heureusement d'ailleurs...
Pour dire les choses joliement (si, ça m'arrive) il m'a aidée à pénétrer dans mon royaume...
Depuis longtemps, je l'avais d'ailleurs écrit à une amie, j'avais la sensation d'être assise sur un trésor... un genre de coffre très vieux, bouclé à triple tour, sur lequel j'avais posé mes fesses au départ sans m'en rendre compte.
Au bout d'un temps je me suis levée, j'ai découvert son existence... mais en faire quoi ? le déplacer ? l'ouvrir ?
Vissé quelque part au fond de ma caboche de fer (l'expression est de LUI, un compliment sans doute), je devais me souvenir de Pandore...
J'ai fait des tentatives pour crocheter la serrure, avec un travail de développement personnel mais ça ne suffisait pas... il a fallu la rencontre !

Lilith s'est donc réveillée... bel et bien... avec violence parfois... contre moi notamment...
Je me complais dans mon ego malsain, mon désir de contrôle... à l'égard de mon ex-compagnon d'ailleurs... j'ai du mal à ne pas aller investiguer... j'aimerais savoir où il est, ce qu'il pense... bizarrement, l'imaginer avec elle, physiquement, ne me pose pas de souci... si seulement je pouvais être certaine que je demeure l'Unique...
Ce qui évidemment n'est pas le cas et c'est bien normal.
Il ne me manque pas réellement et pourtant me manquent les vacances avec lui, alors que ça n'a pas toujours été génial, les balades et les découvertes...
Je me demande parfois si je n 'ai pas fait une grosse erreur...
LUI en devient presque transparent ces temps derniers... alors que ce matin, quand je me réveille avec une envie de caresses, c'est à lui que je pense, pas à mon ex.

Bref, la force est là, la vie aussi... mais il va falloir que je me canalise... que cesse aussi d'exister par et pour les hommes... même si je les aime, j'aime l'amour, le sexe et la sensualité.
Hier, j'ai sagement, mais épisodiquement, repris mon travail maçonnique et j'y avais trouvé un bel apaisement...
Fasse le Grand Architecte que je trouve la volonté de continuer...

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