dimanche 15 juin 2008

Jour de colère


C'était hier !
Nous nous sommes croisés rapidement le matin en arrivant l'un derrière l'autre en mairie puis nous avons vaqué à nos occupations... un petit coup de téléphone m'avait appris qu'il y travaillait l'après midi.
Mais évidemment, il avait une tonne de travail... m'a demandé de lui laisser un peu de temps... puis il a été débordé... un ami est arrivé dans son bureau, il m'a envoyé un sms, m'a demandé de l'attendre, ce que j'ai fait presqu'une heure avant de l'appeler pour lui dire que je partais... j'étais très fâchée.
Une fois de plus, il ne sait pas éconduire un fâcheux... mais sait toujours bien m'expliquer à moi pourquoi il est pressé, pourquoi il doit partir... j'ai été exaspérée.
J'ai fini par repasser dans son bureau pour lui dire que je ne supportais plus de passer derrière tout le monde, qu'en même temps, j'admettais que ce n'est pas facile pour lui...
On s'est embrassé, il m'a caressée... je l'ai beaucoup défié... tout en lui disant que tout ça devenait outre le jeu de plus en plus naturel pour moi.
Je me suis sauvée un peu avant 19h et il était attendu aussi...

Mangeant avec un ami, j'avise une heure plus tard sa voiture toujours garée au même endroit... je l'appelle pour lui dire qu'il travaille bien tard, le titille encore un peu...
Puis rejoins notre ami commun... à qui j'explique où j'en suis, les questions que je me pose...
Je reçois alors un appel sur le portable mairie, je suis d'astreinte, il a enfin retrouvé le numéro pour me faire une blague.. je lui propose de boire un verre avec nous...il me répond qu'il n'a pas vu sa fille depuis longtemps (il m'a servi le même argument dans la semaine), qu'elle et sa femme vont sûrement vouloir aller manger au restau... et là je suis devenue aussi venimeuse qu'un aspic... je ne sais plus ce que j'ai réussi à articuler mais j'ai vite conclu en lui souhaitant une bonne soirée.
Mon meilleur ami ne m'avait jamais vu comme ça, il me dit que ce n'est pas la bonne solution, certainement... qu'il faut d'abord que je me rende libre...
Mais je dois avouer que je n'avais plus d'oreilles... restait la rage... la colère aussi... le chagrin...

Depuis j'oscille entre un sentiment de liberté dont j'ai besoin, des doutes atroces et aussi, comme il y a quelques jours, la sensation que cette histoire est terminée.
Je n'ai envoyé aucun mail, n'en ai reçu aucun non plus.
Bizarrement, je ne peux plus contacter mon ami d'enfance retrouvé en début d'année à aucune de ses deux adresses mails...
En même temps, nous aurions sans doute été déçus...

Je trouve mon compagnon étrange aussi... à la fois en demande et très lointain.
Il est revenu très gai et énergique de son voyage mais deux jours plus tard, il est déjà atone, je crois que je ne suis pas bien épanouissante pour lui... bizarre qu'il ne s'en rende pas compte, qu'il n'entame pas une discussion avec moi...

J'en suis certaine, ils seraient tous bien mieux sans moi...

Et moi ?
A vrai dire, je ne sais plus... tout est mouvant, il faut avancer partout à découvert, sans plan, ni carte, ni boussole... sans même savoir où je vais.
La vie n'a parfois pas beaucoup de sens mais c'est la vie...
Quand je vois l'une de mes soeurs qui retrouve son premier amour, pas vu depuis 35 ans et qui veut toujours l'épouser...ça force le respect, donne la foi... il y a au moins un bout de réponse quelque part un jour.

Donc vais me donner deux priorités : avancer en mairie... pas pour moi évidemment mais pour ceux à qui je peux être un peu utile... et aller voir mon ami avocat, seule finalement, pour prévoir mon départ.

Ce matin, je suis allée courir seule avec la musique de Bienvenue à Gattaca sur les oreilles, ça m'a fait du bien... je pensais à ma grand-mère, aux femmes de ma famille... j'ai eu la sensation de puiser là une force extraordinaire...
Et de fait, je ne vais pas mal... mais je ne vais pas bien non plus.
Pour moi l'amour est au coeur de toutes mes recherches... et brusquement, j'ai la sensation qu'il vient de disparaître partout.
Impossible d'en recevoir, d'en éprouver, d'en donner...
Je suis certainement trop exigeante... une fois de plus.

Pourtant, hier, malgré ma colère, au moment où je suis dans son bureau, j'éprouve une vraie et belle colère de femme, première fois que ça m'arrive.
Sans hystérie, sans cri mais déterminée.
Au final, ça ne change rien puisqu'il me dit qu'il ne saura jamais s'organiser, qu'il sera toujours débordé.
J'en déduis cette fois sans colère mais avec amertume que les sentiments qu'il dit avoir pour moi sont sans doute moins forts qu'il ne le croit.

Alors j'aimerais être au bord de la fontaine du Val des Nymphes même si je me souviens m'y être réfugiée l'été dernier pour l'appeler... ce sera sans doute très différent cet été... inévitablement...
Aucun des trois hommes que je "vois" depuis 6 mois ne semblent conserver consistance... longtemps j'ai pensé qu'il y aurait un 3e.. il faut maintenant que je pense à un 4e, un 5e, un 6e... ou rien du tout.
Etrange période vraiment....

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