lundi 23 juin 2008

Jambes nues


C'est peut-être anecdotique mais pas tant que ça... j'ai passé la journée de vendredi les jambes nues (mi-mollets), idem hier et aujourd'hui (jupe au genou).
Il ne fait pas une chaleur incroyable, juste une vingtaine de degrés... et me voilà en sandales, les mollets découverts, sans collant...
Coup de folie ?
J'aurais manifestement répondu oui il y a peu encore... en fait je crois simplement que je me sens bien, que je m'assume.
Evidemment, c'est LUI qui me donne en grande partie cette confiance

Hier nous étions chez un frère, repas de famille... nous n'étions pas très nombreux, j'ai retrouvé l'une de mes soeurs avec qui j'ai essentiellement discuté...
LUI était là bien sûr avec femme et fille...
Nous sommes prudemment restés à distance, cela ne m'a pas trop pesé malgrè tout car j'étais bien... force et sentiments étaient en équilibre.
J'aurais aimé m'afficher avec lui autant qu'il avait envie de me tenir dans ses bras comme il me l'a écrit...
Pas possible.. pas pour le moment en tout cas.

Mon compagnon me pose une foule de questions... je le sens en questionnement vis à vis de moi... vis à vis de lui aussi...
Il se rend compte que son seul moteur c'est le travail, qu'il n'a plus rien de commun avec les uns et les autres, que la politique ne signifie plus grand chose pour lui...
J'essaie doucement de lui faire comprendre qu'il attaque peut-être une autre période de sa vie avec une autre force, une autre confiance, d'autres aspirations...
M'a aussi posée des questions sur mes fantasmes, mes envies... j'ai éludé au mieux...
Pas bien peut-être mais trop peur de me vendre...
Je ne sais pas si ses frères ont remarqué la différence entre nous... il était assez grave hier comme souvent, moi j'ai passé mon temps à rire...
Nous sommes en décalage flagrant... lorsque je vois mon reflet dans une vitre hier, aujourd'hui... j'y vois une fille, pardon une femme, épanouie... paisible...
Plein de pans de ma vie ne le sont pas paisibles car les réalisations tardent... mais dans le fond, j'ai une certaine sérénité.

Sans doute parce que doucement, lentement, je me trouve... et j'ai aussi trouvé un homme attentif à ce que je découvre, amoureux de l'image mais aussi du fonds

jeudi 19 juin 2008

La part de l'ange


Il y a des moments, certes trop brefs, réellement magiques, intenses et hors du commun...
Et c'est ce que j'ai rencontré hier, au détour d'une caresse, d'un moment échangé avec LUI... une fois de plus il s'étonnait et s'émerveillait de l'amour qu'il éprouve pour moi, de ce que cela provoque chez lui, de l'intensité de son désir...
J'ai répondu simplement que c'était la nature qui était puissante, impénétrable aussi et que c'est par essence, en profondeur que nous communiquons tous les deux.
Sur la forme, tellement de choses nous éloignent...
Dans la soirée, je lui ai donc écrit quelques lignes sur la part de l'ange, celle qu'on porte tous et qu'on perçoit parfois chez un autre...
Précisément ce que nous n'avons jamais rencontré aussi pleinement lui et moi... ce qui fait que je ne me lasse jamais de fixer son regard et pourtant, il est celui que je dévore le plus des yeux...
J'y découvre toujours quelquechose de nouveau, son regard m'apaise aussi... finalement, m'y perdre me procure la même sensation que lorsque je m'allonge sous les étoiles... c'est la première fois que je fais le rapprochement mais c'est exactement ça.
Oui, il a raison, j'y lis le désir que je n'ai jamais rencontré mais surtout un amour autant charnel que spirituel.
Tout ça fait peut-être mauvais roman de gare mais je ne sais pas comment l'exprimer différemment.

Il est vrai qu'avec mon compagnon, j'avais aussi accédé en partie aux mêmes sensations... mais nous étions, moi peut-être surtout, trop prisonniers de l'image, des apparences...
L'autre jour, il m'a caressé, je l'ai caressé aussi... j'ai joui sans problème, lui de même mais j'ai mieux compris l'expression qui rapproche le sexe de l'hygiène, il n'y avait aucune chaleur, aucune émotion...

Evidemment, ce moment partagé hier n'enlève pas les doutes, les petits arrangements, les exigences... nous nous sommes expliqués à ce sujet, écrits aussi...
Statu quo pour le moment et pourtant il me caresse la cuisse sans beaucoup se cacher alors que nous prenons un café dans un troquet du centre... me parle de demande en mariage, comment il pourrait la faire, me demande si c'est lui qui gérerait l'argent...s'il aurait droit à deux jours par semaine pour lui...
Comme je le lui ai écrit, l'issue est unique, on le sait tous les deux... ce qu'on ignore c'est si nous serons prêts en même temps...
Maintenant c'est dit, je redeviens légère, voire peut-être un peu provocatrice...et je le laisse avancer sur ce chemin.
Je sais que je lui fais peur, ce que je provoque l'effraie jusqu'à ce désir de fidélité qu'il n'a jamais imaginé vouloir.

En tout cas, ouvrir la part de l'ange en même temps est une bien belle expérience !

dimanche 15 juin 2008

Jour de colère


C'était hier !
Nous nous sommes croisés rapidement le matin en arrivant l'un derrière l'autre en mairie puis nous avons vaqué à nos occupations... un petit coup de téléphone m'avait appris qu'il y travaillait l'après midi.
Mais évidemment, il avait une tonne de travail... m'a demandé de lui laisser un peu de temps... puis il a été débordé... un ami est arrivé dans son bureau, il m'a envoyé un sms, m'a demandé de l'attendre, ce que j'ai fait presqu'une heure avant de l'appeler pour lui dire que je partais... j'étais très fâchée.
Une fois de plus, il ne sait pas éconduire un fâcheux... mais sait toujours bien m'expliquer à moi pourquoi il est pressé, pourquoi il doit partir... j'ai été exaspérée.
J'ai fini par repasser dans son bureau pour lui dire que je ne supportais plus de passer derrière tout le monde, qu'en même temps, j'admettais que ce n'est pas facile pour lui...
On s'est embrassé, il m'a caressée... je l'ai beaucoup défié... tout en lui disant que tout ça devenait outre le jeu de plus en plus naturel pour moi.
Je me suis sauvée un peu avant 19h et il était attendu aussi...

Mangeant avec un ami, j'avise une heure plus tard sa voiture toujours garée au même endroit... je l'appelle pour lui dire qu'il travaille bien tard, le titille encore un peu...
Puis rejoins notre ami commun... à qui j'explique où j'en suis, les questions que je me pose...
Je reçois alors un appel sur le portable mairie, je suis d'astreinte, il a enfin retrouvé le numéro pour me faire une blague.. je lui propose de boire un verre avec nous...il me répond qu'il n'a pas vu sa fille depuis longtemps (il m'a servi le même argument dans la semaine), qu'elle et sa femme vont sûrement vouloir aller manger au restau... et là je suis devenue aussi venimeuse qu'un aspic... je ne sais plus ce que j'ai réussi à articuler mais j'ai vite conclu en lui souhaitant une bonne soirée.
Mon meilleur ami ne m'avait jamais vu comme ça, il me dit que ce n'est pas la bonne solution, certainement... qu'il faut d'abord que je me rende libre...
Mais je dois avouer que je n'avais plus d'oreilles... restait la rage... la colère aussi... le chagrin...

Depuis j'oscille entre un sentiment de liberté dont j'ai besoin, des doutes atroces et aussi, comme il y a quelques jours, la sensation que cette histoire est terminée.
Je n'ai envoyé aucun mail, n'en ai reçu aucun non plus.
Bizarrement, je ne peux plus contacter mon ami d'enfance retrouvé en début d'année à aucune de ses deux adresses mails...
En même temps, nous aurions sans doute été déçus...

Je trouve mon compagnon étrange aussi... à la fois en demande et très lointain.
Il est revenu très gai et énergique de son voyage mais deux jours plus tard, il est déjà atone, je crois que je ne suis pas bien épanouissante pour lui... bizarre qu'il ne s'en rende pas compte, qu'il n'entame pas une discussion avec moi...

J'en suis certaine, ils seraient tous bien mieux sans moi...

Et moi ?
A vrai dire, je ne sais plus... tout est mouvant, il faut avancer partout à découvert, sans plan, ni carte, ni boussole... sans même savoir où je vais.
La vie n'a parfois pas beaucoup de sens mais c'est la vie...
Quand je vois l'une de mes soeurs qui retrouve son premier amour, pas vu depuis 35 ans et qui veut toujours l'épouser...ça force le respect, donne la foi... il y a au moins un bout de réponse quelque part un jour.

Donc vais me donner deux priorités : avancer en mairie... pas pour moi évidemment mais pour ceux à qui je peux être un peu utile... et aller voir mon ami avocat, seule finalement, pour prévoir mon départ.

Ce matin, je suis allée courir seule avec la musique de Bienvenue à Gattaca sur les oreilles, ça m'a fait du bien... je pensais à ma grand-mère, aux femmes de ma famille... j'ai eu la sensation de puiser là une force extraordinaire...
Et de fait, je ne vais pas mal... mais je ne vais pas bien non plus.
Pour moi l'amour est au coeur de toutes mes recherches... et brusquement, j'ai la sensation qu'il vient de disparaître partout.
Impossible d'en recevoir, d'en éprouver, d'en donner...
Je suis certainement trop exigeante... une fois de plus.

Pourtant, hier, malgré ma colère, au moment où je suis dans son bureau, j'éprouve une vraie et belle colère de femme, première fois que ça m'arrive.
Sans hystérie, sans cri mais déterminée.
Au final, ça ne change rien puisqu'il me dit qu'il ne saura jamais s'organiser, qu'il sera toujours débordé.
J'en déduis cette fois sans colère mais avec amertume que les sentiments qu'il dit avoir pour moi sont sans doute moins forts qu'il ne le croit.

Alors j'aimerais être au bord de la fontaine du Val des Nymphes même si je me souviens m'y être réfugiée l'été dernier pour l'appeler... ce sera sans doute très différent cet été... inévitablement...
Aucun des trois hommes que je "vois" depuis 6 mois ne semblent conserver consistance... longtemps j'ai pensé qu'il y aurait un 3e.. il faut maintenant que je pense à un 4e, un 5e, un 6e... ou rien du tout.
Etrange période vraiment....

jeudi 12 juin 2008

Naissance de la liberté


Je suis plus en forme qu'hier soir ou ce matin...
Sans doute pas olympique ou olympienne la forme, je me suis réveillée avec un atroce mal de ventre... j'ai mieux compris pourquoi pourquoi en me levant... décidément, mauvaise semaine.
une pluie torrentielle, un ciel bas... la totale !
En arrivant au travail, j'ai bien reçu un coup de fil... de mon compagnon qui m'informait de son atterissage.
De mon côté, je lui ai adressé un mail à LUI pour lui soumettre des propositions de dates s'il souhaitait toujours m'accompagner chez notre ami avocat pour que je prépare ma sortie de poste.
Je sais qu'il l'a lu, je sais aussi qu'il est en mairie mais je n'ai aucune nouvelle.
Je me suis pourtant excusée dans ce même mail en disant que j'étais vraiment à un croisement dans tous les domaines de ma vie... pas facile à gérer !

Malgré ce silence que je qualifierai bien d'assourdissant, je ne me suis pas laissée démonter, j'ai bossé avec ma secrétaire générale, suis passée en mairie de me mettre à jour sur ma messagerie... et j'ai tout de même bossé cet aprem pas trop mal.
J'ai de l'énergie, l'esprit clair... mais pas trop envie de l'orienter vers LUI.

Et puis j'ai eu un tilt en apprenant le décès du comédien Jean Dessailly que j'aime beaucoup... un lecteur de Libé parlait de son rôle dans La peau douce... un film que j'adore ! Et qui relate, d'une certaine manière, ce que je vis...
Il parlait des aspirations du personnage qui retrouve une fougue et des ardeurs d'adolescent mais qui par lâcheté hésite.
Je n'ai pas dit que LUI est lâche... mais un peu tout de même...
Je crois que je ne suis pas décidée à cohabiter avec un lâche (tiens, et voilà La Fille de d'Artagnan : si tu crois que je vais épouser un lâche)...
Je ne suis pas à la recherche d'un héros, n'étant pas moi même une héroïne... mais c'est vrai que magie rime pour moi avec panache... celui qu'il a dans sa vie publique... et de moins en moins avec moi.
Je suis sans doute une femme bien plus libre que je ne l'ai jamais imaginé... j'ai besoin d'autonomie, d'espace, d'aventure.. et sûrement pas de dépendance.
Pourtant je me suis accommodée jusqu'alors de multiples dépendances... au travail, en amour...
Pour ça que finalement, je ne suis plus si pressée de voir mon ami d'enfance à qui je vais nécessairement faire peur... par ma liberté.
Mais quel est donc l'homme à qui je ne ferai pas peur ?
Et est-ce que je le cherche vraiment moi si éprise d'indépendance ?

Un ami très proche, un frère dans presque tous les sens du terme, m'a déjà dit plusieurs fois que lors je vivrais seule, il prendrait la décision de me rejoindre.
J'imagine assez qu'il a raison... parce que LUI est jaloux et qu'il vivra mal ma très grande liberté... mais je ne suis pas bien certaine que ça me rassure.
Je sais qu'il ne m'emprisonnera pas... en tout cas pas directement... mais je crois finalement que tout homme amoureux tente d'attacher la femme qu'il vénére de façon plus ou moins subtile.
Il n'aimerait pas être comparé aux autres hommes... et pourtant, il m'arrive souvent actuellement de le rattacher au genre masculin... pas sûr non plus que ce soit une bonne nouvelle finalement...

Et pourtant, lorsqu'il est là, j'ai plaisir à être auprès de lui... toujours beaucoup de plaisir physique surtout que maintenant je parviens à freiner sa frénésie en lui demandant plus de douceur ou de lenteur... mine de rien, c'est une fameuse avancée pour moi de dire à un homme comme lui que c'est bien mais peut mieux faire !
Apprentissage de la liberté, du respect de mes désirs, de ma personnalité.. aimer ce que nous sommes (titre du prochain album de Christophe en plus...)... et peut-être le faire aimer à l'autre.
Je sais qu'il m'aime comme je suis... et pourtant, subtilement, je crois qu'il aime avoir le dessus plus qu'il ne le dit ou le pense.

Bref, je me sens très libre, très gourmande tel Anita dans sa fontaine !

mercredi 11 juin 2008

L'année prochaine à Jérusalem


Il vient de partir, c'est le dernier soir avant très longtemps... et c'est Yeroushalaim Chel Zahav que j'ai eu envie d'écouter...
L'année prochaine à Jérusalem... ce que des milliers de juifs se disent tous les ans... c'est magnifique d'espoir, de foi... et pourtant terrible lorsqu'on songe, sans même y associer la Shoah, aux millions d'entre eux qui sont morts avant d'avoir pu même entreprendre le voyage...
Je n'ai pas envie de vivre dans cet espoir mythique et mystique aussi...
Comme tout à l'heure où il évoque le jour où nous vivrons peut-être ensemble... ça me fait plus de mal que de bien...
Il a compris en partant, il m'a demandé si j'avais quelquechose à lui dire, une déclaration à faire, j'ai répondu par la négative... il m'a demandé si j'avais peur de faire une bêtise, j'ai acquiessé...
Il a d'abord cru que je voulais lui proposer une pause... devant mon mutisme, il a compris que c'était plus sérieux.
Je sais qu'il est effondré... je sais aussi qu'il va se rassurer car il croit à notre relation.
Je crois que c'est moi qui n'y croit plus... il avait peut-être raison, nous nous sommes rencontrés trop tard...
Il y aura peut-être des soubresauts, quelques rencontres de temps à autre... je ne peux pas l'exclure, la chair est faible mais quelquechose est cassé depuis cette fameuse discussion de mai... inutile de se le cacher...
J'ai un peu bu ce soir, raison pour laquelle je sous estime certainement le mal à venir, la souffrance, le retour à l'absurdité de la vie... à moins que, pire encore, je me sois trompée, que cette relation n'a eu comme seul raison d'être que le plaisir physique...
Je ne sais plus, trop fatiguée, anxieuse... et il va falloir recommencer à tricher, à faire bonne figure, mon compagnon rentre demain.. je n'ai rien à lui reprocher... il m'aime, à sa façon, et pourtant nous n'avons plus rien à nous dire... je crois qu'en 10 jours, tous appels confondus, nous nous sommes parlés moins de 15 mn... nous avons été raisonnables si l'on veut positiver... admettons...
Et demain il faut vivre debout, être digne de la confiance reçue, active pour sortir de ce travail qui me mine...

L'année prochaine à Jérusalem...

dimanche 8 juin 2008

Respirer


Hier, je lui ai adressé un très long message pour exprimer tout ce que je tais avec application... mes peurs, mes envies, mes désirs... quelques reproches ou incompréhensions aussi peut-être.
Il m'a appelé brièvement tout à l'heure pour me dire qu'il comprenait mieux, me dire aussi qu'il voulait me voir demain comme nous l'avions prévu... j'ai tenté d'éluder tout en étant positive.
Je crois que nous nous verrons, je ne vais pas le lui cacher... mais pour quoi faire ?
Pas envie de parler contrairement à ce qu'il me propose... pas envie d'être touchée non plus...

Fugacement depuis quelques jours, j'ai envie de retourner en montagne et c'est l'image du Pelat que j'ai choisie... ce sommet auquel je ne suis pas parvenue par deux fois faute de courage... et puis un jour j'y suis allée... je dois encore avoir les photos...
J'étais alors très mal dans ma peau d'adolescente.
Plus rien à voir aujourd'hui...même si plein de détails de mon physique m'agacent encore.
Aujourd'hui j'aurais envie de pouvoir suivre un sentier comme ça, marcher droit devant moi, sans obstacles même si je ne me fais guère d'illusion sur ma forme physique qui m'obligerait à faire des arrêts, à me mettre des pieds aux fesses...
Pourtant, je crois que j'y trouverai le plaisir d'avancer comme je ne peux le faire nulle part ailleurs, sans rendre de compte..
Retrouver aussi la nature, l'espace... m'y perdre comme dans les tableaux de Poussin où les personnages sont minuscule perdus dans une végétation verdoyante et luxuriante.
Je suis plutôt attirée par le minéral en montagne, l'aride... sans doute une façon de me dépouiller et de sortir radicalement de la civilisation.

Besoin de calme donc, de solitude à défaut de paix...
De fait, je me demande si je ne dois pas rompre... j'en suis même venue à me dire qu'après tout, la vie avec mon compagnon est agréable, sans surprise, paisible d'une certaine manière...
Seul inconvénient, je me sens de plus en plus étrangère à côté de lui, la fille qu'il "aime" n'existe plus vraiment... et puis il a aussi le droit de faire sa vie, suivant ses désirs, en créant vraisemblablement sa famille...
Rompre donc pour nous épargner à LUI et à moi, une liaison banale ou en voie de s'enliser, fondée toujours un peu plus sur le mensonge ou du moins cimentée par lui...
Un coup à faire disparaître beauté, force et sagesse... à les dissoudre...
Nous sommes maçons tous les deux, avec des valeurs tous les deux...
Je ne suis déjà pas fière de marcher depuis si longtemps dans l'ombre, je n'ai pas ambition de poursuivre...

A cette idée de rupture, aucune crise de larmes ne vient me secouer...
Sans doute parce que cette fois, contrairement à notre conversation de mai, j'ai la sensation d'assumer mes envies et mes refus, de les exprimer... de chercher à être libre et non plus dépendante, même des très beaux sentiments qu'il a pour moi...
Et de vouloir avancer sans accepter de compromis pour le confort et la tranquillité qu'ils procurent ou encore pour ne pas faire de peine...
Je sais que si je dois en arriver à rompre ce ne sera pas facile... mais je me demande aussi très sérieusement si je suis faite pour vivre en couple.
Peut-etre est-ce une période où j'ai besoin d'y voir clair en moi, sans personne à aimer ou à ménager...ce n'est pas impossible...
Là, ce qui me guide, c'est vraiment la liberté, le besoin d'être autonome, d'être vraie aussi, d'être moi... sans provocation mais sans faux-semblants non plus !

samedi 7 juin 2008

Aide, secours, soutien...


Finalement en un mois, ça ne va pas mieux.
Il vient de partir... je suis ruisselante de larmes... longtemps que ça ne m'était arrivé...Lasse de lutter peut-être un peu partout pour tenter de rester à flot... très illusoirement d'ailleurs.
Mon compagnon est en déplacement pour son travail depuis quelques jours... j'ai honte de le dire mais il ne me manque pas...
Cela n'a paradoxalement pas dégagé beaucoup de temps pour LUI et moi... pris par nos contraintes de travail, politiques... et un peu familiales pour lui.
Comme je viens de le lui dire, le temps congru ne risque pas de s'arranger dans les mois qui viennent...
Je suis lasse, l'impression de m'éparpiller boulot, mairie, LUI, mon compagnon... et tout ce que j'oublie ou néglige ou fait à moitié... sensation d'être partout et nulle part... je le lui ai dit aussi.
J'ai besoin d'aide... mais pas une aide pratique, concrète... non, tenter d'y voir clair et à défaut de trouver le chemin au moins un bout de chemin un peu cohérent.
Il m'a demandé si je voulais faire une pause... j'ai dit non, ça ne ferait que lui mettre le couteau sous la gorge et je ne veux pas.
Par fierté mais aussi par humanité... sauf que la force commence à me faire défaut...

Je n'ai toujours pas trouvé ma place quelque part, et l'air de rien c'est important pour moi...
Oui, ma relation avec lui est extra-ordinaire... à tel point que le reste parait fade...c'est pouvoir entrer dans l'Eden mais devoir systématiquement en ressortir.
Certes, il y a de l'amour mais faute de temps, ce qui s'exprime le plus souvent depuis un moment c'est le désir... c'est magnifique mais je ne m'en contente pas.
A moins que finalement cette relation ne m'apporte plus ce que j'attends ou plus sous cette forme...
Marre de faire le grand écart... de mentir, tromper, ruser... envie de clarté, de cohérence, d'utilité, de travail... loin du bruit, de l'esbrouffe, des combats.
On me dira peut-être que je suis lasse de vivre... je ne dis pas non.. une vieille lassitude déjà...
Moment d'égarement ou vraie fatigue...
Peut-être pas assez de vitalité ou d'instinct de survie...
C'est horrible, ingrat... j'en conviens mais je ne peux plus vivre comme ça à attendre je ne sais quoi !
Et la vieille idée de la contemplation qui revient...je ne suis pas faite pour vivre dans le monde... je ne suis faite pour rien en réalité... je tâtonne, fait semblant... c'est tout...
Pas de réponse toute faite, juste un chemin à construire... au milieu des pièges, des erreurs, des sollicitations, des vanités...
Moi qui rêve d'un chemin en pleine nature, seule, juste un bruit de ruisseau, pas de but défini, pas de temps à respecter... la route nue, pour le plaisir de cheminer...
En ça, nous ne nous ressemblons pas lui et moi... il est homme de combat, d'engagement, de parole...
Et de quoi je suis capable d'ailleurs, de donner mon corps, à peine mon coeur, mon esprit encore moins... ni gestionnaire, ni créatrice, ni complètement désintéressée mais pas assez matérialiste malgrè tout...
Je me targue, à défaut de faire, d'être... même plus certaine de ça non plus...
Je fuis dès que c'est trop compliqué, dès qu'il y a risque... je n'ai pas changé...

Je vais prendre le temps de réfléchir mais je crois qu'il faut tenter l'expérience... faire effectivement la pause qu'il me proposait... je sais que ce sera dur pour moi... et pour lui aussi mais j'ai besoin de mettre mon esprit au repos, de me recentrer et d'aborder les problèmes les uns après les autres...
Il m'a quittée en me disant à quel point il m'aime... je veux bien le croire... et ce n'est pas pour ma beauté extérieure même s'il ne tarit pas d'éloges à ce sujet...j'en suis heureuse, j'aime l'entendre me dire que je suis désirable...
Je crois surtout qu'il voit cette petite part cosmique au fond de moi mieux qu'il ne l'a jamais vu ailleurs...
Parce que ma carapace humaine est finalement bien mince... même si moi aussi je peux être vaniteuse, envieuse, jalouse... tout ça est bien mince à côté de ma capacité à aimer... une capacité pas naturelle, pas si utile ici bas... peut-être utile ailleurs un jour je l'espère...

Est ce qu'il me connait ainsi ? Pas sûr mais il me pressent telle et son essence profonde, maçonnique aussi y trouve matière à émerveillement et amour.
Est-on pour autant destiné à demeurer amant ?
Pas sûr non plus... on risque même plutôt de banaliser notre union, voire donc de l'abimer à terme.

Je vais réfléchir... je n'ai que ça à faire...